Germaine Krull est née le 29 novembre 1897 à Wilda-Poznan (Pologne) de parents allemands. Elle est surnommée la femme au mille vie, que vous pouvez découvrir dans son autobiographie La Vie mène la danse.

La découverte de nouveaux genres photographiques

Krull voyage beaucoup avec ses parents dès son plus jeune âge. À 15 ans, elle s’installe avec sa mère à Munich où elle étudie la photographie de 1916 à 1918.

Alors diplômée, Krull ouvre son premier studio de portrait à Munich, suivi d’un second à Berlin en 1920.

Peu de temps après, elle part pour la Hollande pour y travailler comme photographe freelance. Ses projets tournent autour de la photographie architecturale et industrielle, notamment dans le port de Rotterdam.

Elle déménage à Paris entre 1924 et 1926, où elle rencontre les surréalistes Florence Henri et Eli Lotar, son futur compagnon. Elle étend ses services de photographe freelance à d’autres secteurs et genres photographiques tels que la publicité, la mode et les portraits.

Ses photographies sont largement publiées dans la presse française dont les revues Jazz, Variétés et le magazine VU à partir de 1928. Ce dernier innove avec une “narration photographique” moderne dans laquelle s’intègrent parfaitement ses clichés. En plus de la presse, Germaine Krull travaille pour de célèbres marques de secteurs variés telles que Peugeot, Citroën, E.D.F. et Columbia Records.

Expositions et publications de Krull

En parallèle, elle expose ses photographies lors de nombreux événements. Elle participe au premier et unique Salon de l’escalier (en 1928), une exposition indépendante sur la photographie moderne en opposition à la photographie pictorialiste.

En fin d’année, elle publie Métal, un portfolio mettant à l’honneur la Tour Eiffel, et plus largement la construction métallique.

« Germaine Krull braquant son appareil vers le ciel, a photographié la tour Eiffel de bas en haut, et la tour Eiffel s’est cassée la gueule. Elle a été restituée comme un pont suspendu à la renverse, comme un poignard enfoncé dans les nuages. Depuis ce jour-là, les photographes sont partis à la découverte du monde » (René Zuber)

Elle publie ensuite ses vues de la capitale dans 100 x Paris en 1929, et prend part à l’illustration du texte de Gérard de Nerval, Le Valois, en 1930.

Couverture portfolio héliogravure Métal - Germaine Krull, 1928
Couverture portfolio héliogravure Métal – Germaine Krull, 1928


Couverture 100 x Paris - Germaine Krull, 1929
Couverture 100 x Paris – Germaine Krull, 1929


Jean Cocteau - Germaine Krull, 1929
Jean Cocteau – Germaine Krull, 1929

Correspondance de guerre

Krull passe la décennie qui suit à voyager en Europe et à vivre entre Paris et le sud de la France avant de partir au Brésil, puis au Congo en 1940. Installée à Brazzaville, elle dirige le Service photographique de propagande de la France libre pendant 3 ans. Puis, de 1943 à 1946, elle s’engage comme correspondante de guerre en Allemagne, Italie et en Indochine. Elle rejoint notamment le 6e groupe d’armée américaine lors du débarquement des alliés en Provence. Puis elle participe à la libération des camps de concentration de Natzweiler-Struthof et de Vaihingen sur l’Enz en 1944.

Ses dernières correspondances de guerres sont envoyées depuis l’Indochine. Puis, elle part s’installer à Bangkok en 1947 pour prendre la direction de l’hôtel Oriental.

Krull à la découverte de l’Asie du Sud-Est

La photographe allemande passera les huit années suivantes à parcourir l’Asie du Sud-est, dont la Birmanie, le Népal et le tibet. Son objectif est de réaliser un inventaire exceptionnel des monuments et statuaires tibétains.

En 1965, elle se retire dans le nord de l’Inde, vit dans un village avec des réfugiés tibétains et noue des liens avec le Dalaï Lama. C’est en Inde, à Dehra Dun, que Germaine Kruss achèvera son autobiographie le 28 octobre 1980, La vie mène la danse.

Autoportrait à l'Ikarette - Germaine Krull, 1925
Autoportrait à l’Ikarette – Germaine Krull, 1925

Oeuvres

  • Métal, 1928
  • 100 x Paris, 1929
  • Le Valois, 1930
  • Etude de nus, 1930
  • La Route-Paris-Méditerranée, 1931
  • La Route-Paris-Biarritz, 1931
  • La Folle d’Itteville, texte de Georges Simenon, août 1931
  • Marseille, 1935
  • La Bataille d’Alsace, texte de Roger Vailland, 1944
  • Bangkok. Siam City of Angels, texte de Dorothea Melchers, Londres, 1964
  • Tales from Siam, texte de Dorothea Melchers, Londres, 1966
  • Germaine Krull, La Vie mène la danse, autobiographie établie par Françoise Denoyelle, 2015