100 x Paris est une série de 100 planches réalisée par Germaine Krull dans les années 1920s et publiée en 1929.

100 x Paris : une immersion photographique

Krull arpente les rues parisiennes son Ikarette en main. Une fois de plus, sa photographie déroge aux règles qu’elle juge trop conventionnelles. Elle nous offre une vision brute d’un Paris de l’entre-deux-guerres en pleine transformation.

L’objectif de cet ouvrage est simple : montrer deux facettes de la capitale française. La première est le Vieux Paris, calme et romantique. La seconde est le Paris moderne et effervescent né de la révolution industrielle.

Krull va exacerber ces deux mondes par un jeu de juxtapositions de photographies, rappelant les avant/après que l’on peut voir sur internet. Dans certains cas, elle met en scène un même endroit à partir de points de vue différents. C’est le cas des photographies en page 28 et 29. Elle montre d’abord l’Opéra de Paris sur un plan large, se tenant majestueusement devant elle. Puis, vient une horde de voitures en plan resserré, sans même que l’on puisse voir le bâtiment.

L’auteure illustre parfaitement la modernisation de la capitale en mettant en parallèle la congestion d’un « Encombrement de voitures » et le calme de la « Rue de Venise », où seuls quelques piétons semblent déambuler librement.

Moderne vs Vieux Paris, 100 x Paris, 1929 - Germaine Krull
Moderne vs Vieux Paris, 100 x Paris, 1929 – Germaine Krull

Opéra de Paris, 100 x Paris, 1929 - Germaine Krull
Opéra de Paris, 100 x Paris, 1929 – Germaine Krull

Ce genre de plans sont récurrents dans l’ouvrage, et ont pour effet d’immerger le lecteur dans un quotidien à deux vitesses. À travers 100 x Paris, Krull donne un aperçu de la vie des Parisiens, mais aussi de tous les habitants de grandes agglomérations transformées par l’industrialisation massive.

Une archive du début du XXe

L’ouvrage contient de nombreuses héliogravures de monuments majestueux dont la Tour Eiffel de nuit, l’Arc de Triomphe et le Louvres. Krull a également intégré des plans larges de la Capitale, souvent pris de points hauts dont du haut de la Tour Eiffel ou de l’Arc de Triomphe. Il existe aussi une vue plongeante sur la rive gauche, photographiée du haut de Notre-Dame avec « la flèche » en premier plan. C’est une belle illustration des compositions modernes partagée par Krull dans cet ouvrage.

La photographe immortalise également le quotidien des parisiens bouquinistes des quais de Seine, des bouchers des Halles ou encore des Forains de la Bastille. Des images servant d’archives pour des lieux transformés, voir détruits.

Bouquiniste des quais de Seine, 100 x Paris, 1929 - Germaine Krull
Bouquiniste des quais de Seine, 100 x Paris, 1929 – Germaine Krull


Boucher des Halles, 100 x Paris, 1929 - Germaine Krull
Boucher des Halles, 100 x Paris, 1929 – Germaine Krull
Couverture 100xParis - Germaine Krull, 1929
Couverture 100xParis – Germaine Krull, 1929